mardi, juillet, 2020

Interview Jean Baptiste Boulay

Bayer a fait la «UNE» des tabloïdes en annonçant des accords à l’amiable pour résoudre d’importants litiges liés à Monsanto. Peuton dire que le dossier est présent clos ? Quelle est la position de Bayer vis-à-vis du Roundup™ ?

Ces accords transactionnels interviennent au bon moment pour que Bayer puisse mettre fin à une longue période d’incertitude. Notre groupe peut à présent déterminer sa voie pour l’avenir et contribuer à relever les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés à la fois en matière de santé et d’agriculture, et non seulement aujourd’hui face à la pandémie de Covid-19, mais aussi à long terme, puisque nous travaillons pour améliorer la qualité de vie d’une population croissante et vieillissante d’environ 10 milliards de personnes. Cependant, je tiens à préciser très clairement que nous continuons de soutenir fermement la sécurité et l’utilité de nos produits Roundup™. Nous sommes du même avis que les principaux organismes de réglementation spécialisés dans le domaine de la santé dans le monde entier, y compris l’agence de protection de l’environnement sise aux États-Unis, qui a rendu publique en janvier sa décision d’examen provisoire de l’homologation. Les résultats des diverses analyses n’ont relevé aucun risque pour la santé humaine associé à l’exposition au glyphosate. Notre entreprise accorde beaucoup d’importance au bien-être de ses clients. En tant qu’entreprise à vocation scientifique, engagée dans l’amélioration de la santé de tous, nous avons une grande compassion pour toute personne souffrant de maladie et nous comprenons leur recherche de réponses.

Quelle est la principale raison derrière cette décision de régler la grande majorité des litiges de Roundup™ ?

Nous sommes une entreprise qui prône la transparence scientifique. Nous voulions ramener le débat autour de l’innocuité et l’utilité des herbicides à base de glyphosate dans l’arène scientifique et réglementaire et l’éloigner du contexte du procès juridique où les décisions ont été prises sur la base d’un petit nombre d’études peu fiables et de méthodologies aléatoires.Une constante très importante dans la discussion sur le glyphosate a été les conclusions favorables constantes en matière de sécurité auxquelles sont parvenus des organismes de réglementation de la santé indépendants lorsqu’ils évaluent l’ensemble des données scientifiques pertinentes. Le vaste corpus scientifique constitué d’organismes indépendants de réglementation de la santé et la sécurité alimentaire a indiqué que le produit Roundup ™ ne cause pas de cancer et, par conséquent, n’est pas responsable des maladies alléguées dans ce litige. Nous soutenons fermement nos herbicides à base de glyphosate, qui sont parmi les produits les plus rigoureusement étudiés de leur catégorie et quatre décennies d’études scientifiques soutiennent leur innocuité et qu’ils ne sont pas cancérigènes.

Pourriez-vous nous expliquer davantage ENTREPRISE la vision du groupe en général et plus particulièrement pour le Maroc ?

Bayer est installé au Maroc depuis 60 ans. A travers nos trois divisions, Crop science, Pharmaceutique et Consumer Health, nous souhaitons faire du Maroc un hub en matière de production, de pratiques commerciales innovantes et de transfert d’expertise au bénéfice des agriculteurs et des patients. A titre d’exemple, notre usine sise à l’aéropôle de Nouaceur est le seul site de production Bayer Consumer Health installé dans le continent africain et spécialisé dans la fabrication des formes effervescentes. Il constitue notre moteur à l’export vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Nous réservons une belle perspective d’expansion que nous annoncerons au moment opportun. Aussi, à travers Crop Science, la division agricole de Bayer, nous voulons produire plus avec moins d’intrants grâce à l’innovation et la digitalisation, tout en donnant l’accès à nos solutions au plus grand nombre d’agriculteurs, en assurant une traçabilité Food Chain pour le consommateur.. Nous pouvons faire en sorte que l’agriculture contribue à résoudre le problème du changement climatique en réunissant les meilleures plateformes de protection des cultures et d’agriculture numérique. Notre vision est très étroitement liée aux objectifs de durabilité des Nations Unies.

Comment comptez-vous déployer cette vision stratégique à travers vos trois divisions et en concordance avec les défis mondiaux ?

Aujourd’hui, nous consacrons notre énergie à concrétiser notre vision «Health for all, Hunger for none» grâce aux innovations médicales et les solutions dédiées à l’agriculture. Nous pensons que la science et l’innovation seront essentielles pour l’avenir, tout comme elles l’ont été pour Bayer depuis près de 160 ans. Nous nous engageons à relever ces défis de manière responsable, à la fois pour aider à atteindre les objectifs de développement durable de l’ONU mais aussi, pour maintenir la transparence et l’engagement constructif avec toutes nos parties prenantes. D’ici l’an 2030, nous voulons permettre à 100 millions de petits exploitants d’accéder à l’innovation agricole ; à 100 millions de femmes des pays à faible et moyen revenu de contrôler les naissances de manière responsable ; à 100 millions de personnes dans des zones mal desservies l’accès à des produits de santé pour un usage quotidien. Ceci, en contribuant à réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre sur les principaux marchés agricoles, ce qui aura un impact environnemental en matière de protection des cultures.

Vous étiez parmi les premières entreprises qui se sont mobilisées au début de la crise sanitaire du Covid-19 à titre national et international, qu’en est-il de l’approche que vous avez adoptée auprès de vos collaborateurs mobilisés à l’usine et sur le errain tout au long de cette crise ?

Absolument, dès l’annonce de l’état d’alerte dans le Royaume, nous avons mené plusieurs opérations afin d’apporter notre pierre d’édifice à titre sanitaire et social. Mises à part nos donations médicales et contribution financières au fonds d’entraide national, nous nous sommes mobilisés en interne pour lever des fonds et subvenir aux besoins des bénéficiaires de trois associations impactés par les aléas du Covid-19. Par ailleurs, la sécurité et le bien-être de nos collaborateurs est l’une des priorités de notre Groupe. Pour le volet sécurité, nous avons dès le départ constitué un Comité de Veille Covid-19. La mission de ce comité est d’assurer un suivi rigoureux en matière de développement de la pandémie et dicter les mesures de sécurité nécessaires pour protéger nos collaborateurs. En ces temps sensibles, nous avons également accordé beaucoup d’importance à la sécurité et au bienêtre de nos collaborateurs mobilisés à l’usine et sur le terrain afin de maintenir l’approvisionnement de nos médicaments et de nos produits destinés à l’agriculture et à l’alimentation du citoyen marocain. A l’instar du plan de continuité de travail,

Avez-vous prévu un programme de résilience ou de soutien psychologique aux collaborateurs ?

Tout à fait, nous avons lancé un programme de Résilience sur 3 phases. Premièrement, le lancement d’une plateforme de e-learning contenant des certifications en résilience, positive psychologie et autres, et ce, en partenariat avec des universités prestigieuses américaines et anglaises. Deuxièmement, la programmation de conférences en Naturopathie afin de mettre l’accent sur l’intérêt du Work Life balance (télétravail, sommeil, nutrition…). Troisièmement, le lancement d’un programme de formation sur la Résilience. Ce programme basé sur les dernières recherches en la matière s’étale sur une période de 4 semaines à raison d’une heure par semaine.

 

 

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